Formation en 2010

L'objectif global de nos actions est de stabiliser les producteurs dans de petites fermes rurales pour réduire le recours à l'agriculture sur brûlis qui est cause de la déforestation et de l'émission du CO2. Ces actions sont entreprises dans une sous région où, selon l'Etat des Forêts de l'Afrique Centrale 2008 publié par la Commission des Forêts de l'Afrique Centrale (COMIFAC), « la plus grande proportion des populations vit d'une petite agriculture itinérante sur brûlis pratiquée pour la subsistance ». Selon la même source, l'agriculture itinérante sur brûlis «apparaît clairement comme la principale cause de la déforestation en zone de forêt dense ». La déforestation se traduit par « la conversion des forêts en tout autre type d'occupation des sols ». Dans le cas d'espèce, il s'agit essentiellement d'exploitations agricoles.

Problème à résoudre

La déforestation réduit la capacité de la forêt à capter le carbone. Plus la forêt est détruite, moins elle aura la capacité de faire le contre poids à l'émission des gaz à effet de serre (GES). Or les populations pratiquent ce type d'agriculture faute d'alternatives.

En effet, depuis des lustres, les pratiques agricoles (notamment l'agriculture sur brûlis) sont restées les mêmes. A l'origine, ces pratiques avaient un effet insignifiant sur la forêt. Mais à ce jour, quoique cet effet reste modeste (cf upcité), il risque s'accentuer à cause de « la croissance démographique qui nécessite des besoins croissants en terres agricoles pour satisfaire des besoins alimentaires croissants ». Les paysans qui essayent de réduire les durées de jachère en revenant plus précocement sur la même parcelle constatent des baisses de rendements de leurs principales cultures. D'où le tendance qui ira croissante à créer de nouvelles parcelles dans la forêt.

La nécessité de recourir aux modes de production respectueuses de la forêt s'impose non seulement comme un devoir salvateur de l'humanité, mais aussi et surtout, parce que ces modes de production permettront à nos populations d'améliorer leurs conditions de vie en produisant plus, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté au niveau local.

Objectif du programme de formation

L'objectif du programme de formation est de doter les producteurs des capacités leur permettant de gérer leur terroir de manière durable et d'augmenter leur production en mettant en œuvre des alternatives à l'agriculture itinérante sur brûlis. Les modes de production à pratiquer garantiront notamment que la gestion des ressources est effectuée avec un souci de respect de l'environnement.


La formation que la Ferme mettra en œuvre en 2010 est un élément d'un embryon de modèle de développement rural que nous avons conçu dans un contexte où les pratiques (sociales, culturelles, culturales...) sont restées les mêmes (ou presque) depuis l'époque coloniale. Ce modèle de développement rural est un processus en trois étapes :

1. La démarche DIA « Démontrer - Intéresser - Actionner »
2. La réplication du modèle « médecin de campagne chinois »
3. La formation d'une « génération du changement ».

La démarche DIA« Démontrer - Intéresser - Actionner »

La lettre D du cigle renvoie à « Démontrer ». Il s'agit de démontrer par des projets concrets que dans cet environnement où rien ne bouge depuis plus d'un siècle, les choses peuvent être faites autrement, notamment dans le domaine de la production animale et végétale.

Les expériences démonstratives qui connaîtront une réussite palpable susciteront l' «Intérêt » de ceux qui habitent le milieu. D'où le I du cigle. La réussite doit être suffisamment motivante. Par exemple, l'approvisionnement régulier du marché local en produits que les populations « importaient » de la ville.

L'activité qui fait l'objet de réussite attire l'attention des personnes du milieu, parce qu'elle procure des avantages (gains pécuniaires, reconnaissance sociale...). Parmi ces personnes figurent celles qui sont prédisposées au changement et qui sont prêtes à passer à l'Action. D'où le A du cigle. Cette action doit être déclenchée à travers la formation des acteurs potentiels et la fourniture des intrants. Les acteurs formés sont ensuite encouragés à créer de petites fermes de production dans les villages où l'agriculture et l'élevage et parfois la pisciculture sont intégrés. Ils passent donc du statut de paysans anonymes à fermiers.

Le modèle « médecins de campagne chinois »

La démarche DIA est valable pour les acteurs adultes et certains acteurs jeunes du milieu. Son effet est immédiat et à court terme. Elle doit être complétée par une démarche similaire à celle des médecins de campagne chinois et qui vise les diplômés originaires du milieu, quel que soit le contenu des études qu'ils ont reçues. Il s'agit de les former aux métiers appliqués au développement rural et de les aider à s'installer dans les villages sous forme de fermiers.

La formation de la génération du changement

La démarche « Médecin de campagne chinois » a des effets à moyen terme (25 ans). Elle doit donc être complétée par une démarche de transformation sociale qui vise à former toute une génération de changement composée des enfants pris à l'âge maternelle. Les contenus de formation qui leur sont dispensés doivent avoir une emprise directe sur leur milieu immédiat, avec une grande ouverture vers les évolutions sociale, technique et technologique du monde. Le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication doit être systématique et massif. L'effet de la « génération de changement » sur le milieu est attendu à l'horizon de 50 ans.

En somme, le modèle est bâti sur une période de 50 ans et prépare le centenaire de l'accession du Cameroun à l'indépendance

Feuille de route pour la mise en œuvre de la DIA en 2010.

La phase Démonstrative étant en cours (bv visiter les albums photos sur notre site Internet http://fermeagropiscicoleesse.e-monsite.com/ ), l'année 2010 sera consacrée aux actions visant à susciter l'intérêt des acteurs et à les amener à agir.

Pour attirer des regards intéressés sur les expériences démonstratives en cours, nous mènerons les actions suivantes :

1. Doter tous les acteurs qui conduisent cette expérience de signes distinctifs (exemple, un habillement particulier) ;
2. Faire des cérémonies d'inauguration des réalisations
3. Vendre les produits de l'expérience sur le marché local
4. Communiquer continuellement sur la démarche à travers la radio locale

Si l'adage dit « Pas d'intérêt, pas d'action », le contraire doit aussi être vrai. Ainsi donc, pour permettre à ceux qui veulent mener la même expérience de le faire, un programme d'accompagnent est mis en place comportant deux axes :

1. Former les acteurs potentiels
2. Leur assurer l'approvisionnement en intrants

Programme de formation des fermiers en 2010.

Le programme s'étale sur toute l'année 2010 et s'achève par une « semaine du fermier » au bout de laquelle les attestations de formations seront remises aux participants. Au cours de cette semaine, les fermiers exposeront les produits de leurs travaux.

Le programme de formation est dispensé simultanément à deux catégories d'acteurs :

1. Les paysans déjà actifs qui reçoivent une formation en alternance 3X3 (3 heures, 3 jours par semaine).
2. Les jeunes potentiellement actifs ou adultes intéressés par le développement rural qui reçoivent une formation en continue 5X5 (5 heures, 5 jours par semaine).

Programmation 2010


Période : Février à mars 2009
Module 1 : La pisciculture
Raison stratégique du module : La pisciculture a un potentiel de création des richesses qui peut assurer des revenus au fermier sur toute l'année sans effort particulier, après la phase de création des étangs qui requiert la main d'œuvre

Module 2 : La culture du maïs Raison stratégique du module : Le maïs rentre à 50% dans la confection de l'aliment pour l'élevage. En prélude à la campagne agricole de mars-avril 2010, les acteurs sont formés à sa culture et encouragés à créer les champs simultanément.

Période : Avril à mai 2010
Module 1 : La pisciculture (suite)
Module 2 : L'élevage de la volaille (poules, canards, cailles, dindons, oies, pigeons, pintades...) Raison stratégique du module : Alors que les acteurs ont entrepris des champs de culture du maïs, ce module les initie à l'élevage de toutes sortes de volailles. Le moment venu, chaque acteur fera le choix de ou des espèce (s) de volaille qui l'intéresse (ent)

Période : Juin à juillet 2010
Module 1 : La pisciculture (suite)
Module 2 : La fabrication du matériel d'élevage
Module 3 : La fabrication des aliments d'élevage

Raison stratégique de ces modules : Les mois de juin et juillet sont essentiellement consacrés aux ateliers de fabrication du matériel et des aliments pour l'élevage. L'objectif est de doter les acteurs des capacités leur permettant de confectionner eux-mêmes les outils et intrants et de limiter les coûts d'investissement et de fonctionnement

Module 4 : La culture du maïs (suite)

Raison stratégique de ces modules : A la veille de la deuxième période culturale et suite à l'atelier de formation à la fabrication des aliments pour l'élevage, ce module est ramené au programme pour rafraîchir la mémoire des acteurs et faire l'évaluation de la première campagne de production du maïs ; corriger les erreurs pour garantir la réussite de la deuxième campagne qui sera cruciale parce qu'elle sera faite alors que les acteurs auront déjà acquis toutes les notions d'élevage.

Période : Août à septembre 2010

Module 1 : La pisciculture (suite)
Module 2 : L'élevage du porc
Raison stratégique de ces modules : Les acteurs ayant déjà certaines connaissances sur l'élevage, nous introduisons l'élevage du porc dans une optique de diversification des activités.
Module 3 : La culture des arbres fruitiers
Raison stratégique de ces modules : C'est toujours dans l'optique de diversification des activités de production que les acteurs sont initiés à la création des pépinières d'arbres fruitiers et au greffage. La formation ayant lieu pendant la période culturale, ce module se traduira concrètement par la création des pépinières par les acteurs

Module 3 : L'apiculture
Raison stratégique de ces modules : Comme la pisciculture, l'apiculture est susceptible de procurer des revenus aux acteurs sans efforts particuliers, en dehors de l'installation des ruches. Cette activité est aussi associée aux arbres fruitiers

Période : Octobre à novembre 2010

Module 1 : La pisciculture (suite)
Module 2 : La culture de l'ananas
Raison stratégique de ces modules : L'ananas est de plus en plus cultivé dans les régions d'Essé et d'Awaé. L'intérêt pour cette culture n'est plus à démontrer et le module est introduit pour permettre aux acteurs de maîtriser les itinéraires techniques de cette culture
Module 3 : Les cultures maraîchères
Raison stratégique de ces modules : Ce module est introduit en prélude à la campagne de maraîchage qui va du mois de novembre au mois de février correspondant à la saison sèche. Au cours de cette période, l'offre en légume baisse sur le marché et les produits sont mieux rémunérés.

Module 4 : Les techniques de fertilisation du sol
Raison stratégique de ces modules : Ces techniques accompagnent les cultures maraîchères. Elles comportent entre autre la fabrication du compost, la vermiculure... Le module est introduit dans le cadre d'une démarche de création d'un label « Tout en bio » qui consiste à produire des légumes en ne faisant recours qu'aux engrais biologiques

Période : Décembre 2010 à janvier 2011

Module 1 : La pisciculture (suite)
Module 2 : L'élevage des chèvres et moutons
Raison stratégique de ces modules : L'élevage des moutons et chèvres est négligée dans la région d'Essé, alors que ces animaux sont consommés au cours de toutes les cérémonies festives et rituelles et que le marché de Yaoundé en est demandeur. Aujourd'hui ce marché est approvisionné à partir des animaux qui viennent du grand nord du Cameroun (Adamaoua, Garoua, Maroua).
Module 3 : La culture du palmier à huile
Raison stratégique de ces modules : Tous comme la culture de l'ananas, les acteurs connaissent l'intérêt de cette culture. Ce module est introduit pour leur permettre de maîtriser ses itinéraires techniques
Module 4 : L'élevage des bovins
Raison stratégique de ces modules : Cet élevage n'est pas pratiqué dans la région alors qu'il peut être associé à la culture du palmier à huile. La race à vulgariser est la race « Dama » qui résiste à la mouche tsé-tsé.

 

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