Ne plus rater les 50 prochaines années

Bientôt le cinquantenaire de l'indépendance du Cameroun. Le bilan est mitigé. Les racines du mal proviennent du système éducatif maternel, primaire, secondaire et universitaire mis en place par les colons et perpétué au cours des 50 dernières années. Ce système n'a cessé de mettre sur le marché des produits inadaptés au contexte.

 

Lors de l'ascension du Cameroun à l'indépendance, son économie était à vocation rurale. Il était manifestement évident que les besoins en ressources humaines devaient s'exprimer en termes d'expertises techniques nécessaires à la transformation du milieu brut et partant à la création des revenus et des richesses.

 

Ignorant intentionnellement ou non cette réalité, le système scolaire s'est mis à produire des diplômés essentiellement généralistes. Aujourd'hui, ces derniers continuent à gonfler les rangs des chômeurs, qu'ils soient réels ou déguisés (vendeurs à la sauvette, conducteurs de taxi et de taxi moto, débrouillards du secteur informel...).

 

La carte scolaire du Cameroun compte plus de collèges et lycées d'enseignement général, au détriment des collèges et lycées techniques. Dans le milieu rural où le besoin de techniciens est plus accentué, cette tendance est la même. Quand bien même une SAR/SM, un collège ou lycée  technique y est crée, l'infrastructure appropriée en termes de machines et outils didactiques ou laboratoires expérimentaux ne suit pas. Ces structures n'ont donc de technique que de nom.

 

Le marasme économique et social dans lequel le Cameroun est plongé à ce jour est le fruit des choix que nous avons faits ou qui nous ont été imposés ces 50 dernières années. En effet, nous sommes en train de payer le prix de nos compromissions vis-à-vis du colon qui nous a donné une indépendance politique déguisée et a toujours gardé la main mise sur l'économie. Les monopoles séculiers dans les divers secteurs stratégiques de l'économie nationale en disent long à ce propos.

 

Si nous abordons les 50 prochaines années dans les mêmes conditions, les mêmes causes produiront les mêmes effets et ceux qui fêteront le centenaire de l'indépendance du Cameroun auront plus d'amertume qu'aujourd'hui, car, ce qui va se passer au cours des 50 prochaines années n'est pas loin de l'apocalypse.

 

En effet, tandis que nous végéterons, les autres vont continuer à avancer. Les pays émergents (africains (quelques), asiatiques et sud américains) vont continuer dans la lancée actuelle et vont se confirmer comme acteurs majeurs de l'économie mondiale. Ils vont discuter le leadership avec les pays actuellement dit développés. Ils vont leur ravir des parts de marché du fait que leurs coûts de production sont largement inférieurs à ceux des pays de l'occident.  Ce qui plongera les sociétés occidentales dans des crises économiques et sociales inextricables. Cette situation va être aggravée par les changements climatiques qui se manifesteront par des catastrophes naturelles à répétition (inondations, cyclones...) 

 

Les occidentaux, habitués à trouver les solutions à leurs problèmes, ce qui n'est pas notre cas, vont, entre autres solutions, chercher où trouver refuge. L'Afrique sera l'une des destinations ciblées par ces réfugiés économiques et climatiques. Ils vont y débarquer avec de gros moyens techniques, technologiques et industriels pour dompter le milieu. Ils se feront octroyer des terres et d'autres facilités à vil prix par une élite locale qui demeurera corrompue et prébendier, au détriment des populations autochtones.

 

A l'instar de l'Afrique du Sud, toutes les terres seront immatriculées et entre les mains des gros propriétaires. L'image du fil barbelé interminable que nous avons vu bordant toutes les routes de ce pays, de Johannesburg à Cap Town, de Cap Town à Durban, de Durban à Pretoria où de Pretoria à la frontière avec le Botswana va se généraliser en Afrique.

 

Les populations autochtones vont être confinées dans les réserves. A la limite, elles vont se contenter des terres marginales pauvres ou dégradées ou alors, en tant qu'ouvriers des grandes fermes de production où d'industries qui vont naître, elles vont être autorisées à cultiver de petits jardins dans les concessions des grands propriétaires comme c'est le cas au pays zoulou en Afrique du Sud. Le caractère cyclique de l'histoire se confirmera à travers cette sorte de recolonisation de l'Afrique.

 

Pour développer l'agriculture, l'industrie et les services, ces réfugiés économiques et écologiques s'adresseront aux instituts de recherches occidentales qui ont des ramifications partout en Afrique. Celles-ci sortiront des coffres les résultats des recherches scientifiques, techniques et sociologiques que leurs chercheurs ont accumulés depuis l'époque coloniale et qu'ils préservent en lieux sûrs, en attendant le moment « m ».

 

Ils feront ce qui semble impossible aujourd'hui aux africains. Ils lanceront les ponts sur les vallées les plus profondes, créeront des routes sur les reliefs les plus hostiles. Ils pénètreront les forêts les plus denses, creuseront les tunnels dans les rocs les plus féroces. Ils produiront sur des terres qui semblent arides ou dégradées, avec des rendements à couper le souffle.

 

Ils créeront des villes dans les coins les plus reculés, où ils verseront les technologies les plus polluantes qui seront de plus en plus récusées en occident au travers d'une réglementation qui sera de plus en plus rigoureuse et pro écologie.

 

Ils développeront les voies de communication pour rapatrier les produits de l'agriculture et de l'industrie vers l'occident. A la différence de l'Afrique du Sud où les colons, ayant coupé politiquement avec la mère patrie, n'avaient de choix que de développer le milieu où ils allaient désormais vivre de générations en générations, c'est-à-dire l'Afrique, ces réfugiés économico écolo vont garder en tête le souci d'œuvrer pour améliorer la situation en occident afin de pouvoir y retourner au moment opportun. Résultats des courses, l'Afrique aura droit au service minimum en terme d'investissements. Les ponts et routes évoqués ci-dessus ne seront construits que si les études de coûts d'opportunité démontrent que l'investissement rapporte à court, moyen ou long terme tel que si l'on avait placé les mêmes revenus ailleurs, on aurait pas obtenu le même rendement.

 

Les Africains auront l'impression d'un développement infrastructurel alors que les dégâts sur tous les pans de la société seront considérables. Car pendant ce temps, l'attrait des offres qu'ils feront aux élites et dirigeants locaux, l'appât du gain et les convoitises de toute sorte créeront d'interminables divisions au sein de la société.

 

En effet, la société rentrera dans un cycle de conflits inextricables qui fragilisera et brisera à terme son tissus socioéconomique. La fameuse solidarité africaine ne sera plus qu'un lointain souvenir. Car pour un lopin de terre qui aura pris de la valeur (beaucoup de valeur aux yeux des africains) parce que convoité par ces réfugiés économiques et climatiques, parents et enfants se tirailleront à mourir, autorités étatiques et autorités autochtones croiseront le fer. La guerre du foncier fera rage. Et ce ne sera pas la seule. Il y aura des conflits dans tous les secteurs qui nécessitent l'accès aux ressources telles que l'eau, l'électricité, les richesses du sol et du sous sol.

 

Les guerres idéologiques seront aussi mortelles. Les Africains diront ce que ces réfugiés aux gros bras voudront leur faire dire. Et comme eux aussi viendront avec des intérêts divergents, ces divergences vont se ressentir sur les discours qui seront tenus en Afrique. Par  souci de se remplir le ventre, les africains plaiderons pour les chapelles qui ne sont pas les leurs. Cela leur enlèvera toute conviction. Ils mourront intellectuellement.

 

Que faut-il faire pour éviter l'apocalypse.

 

D'abord, il faut cesser de désigner l'Afrique par « continent pauvre ». A la place, il faut utiliser le terme « continent potentiellement riche », car le seul gisement foncier que regorge l'Afrique à ce jour en fait virtuellement un acteur majeur de l'économie mondiale. Pour exploiter ce potentiel dès maintenant, une bourse des valeurs foncières doit voir le jour. Une bourse à l'échelle africaine serait la chose idéale. A l'évidence, il serait prétentieux de penser un seul instant que les Africains peuvent réussir l'exploit de s'entendre pour une moindre chose à l'échelle du continent. Le NEPAD mort né en est une illustration. Il est donc loisible de dire que des bourses de valeur foncière (en nom immobilières) doivent voir le jour partout en Afrique. S'il on parvient déjà à en créer par sous région ce serait déjà ça.

 

Dans l'optique de la cotation en bourse des terres, le droit à la propriété foncière des autochtones doit être universellement reconnu. Le flou entretenu par les législations nationales où le droit de propriété foncière est dénié aux autochtones mais plutôt donnés aux Etats impersonnels, corrompus, irresponsables, véreux (vous pouvez compléter) doit cesser.

 

Lorsque le droit coutumier à la terre sera consacré, le paysan d'un coin perdu de n'importe quelle brousse du territoire camerounais par exemple devrait cesser d'être appelé « pauvre » mais « citoyen à revenus potentiels ».

 

En effet, le potentiel de revenu des terres africaines doit être estimé  et lesdites terres doivent être placées à la bourse des valeurs foncières. La valeur estimée des terres sera déterminée en fonction  de plusieurs critères. La liste suivante n'est pas exhaustive :

 

  1. positionnement actuel ou virtuel par rapport à l'emplacement des centres d'intérêt fonciers (agglomérations urbaines, zones industrielles...)
  2. destination potentielle (terres agricoles, pâturages, exploitation des minerais....)
  3. Accessibilité (accès à une route bitumée, accès à une route de terre, proximité d'un fleuve navigable, proximité d'une voie ferrée...)
  4. présence des ressources potentiellement marchandes (essences de bois, eau, autres éléments de la biodiversité, minerais...)
  5. potentiel touristique (sites attractifs, éléments artistiques et culturels...)
  6. potentiel de production de l'énergie (chutes d'eau...)
  7. présence de la main d'oeuvre
  8. disponibilité des ressources humaines qualifiées
  9. environnement ambiant (climat de paix, sécurité...)
  10. potentiel litigieux
  11. ...

 

Une fois que la valeur d'une terre est expertisée et déterminée, son propriétaire autochtone reçoit un titre d'immatriculation. La terre est ensuite placée en bourse et le même propriétaire reçoit un titre de propriété de valeur foncière. Dès ce instant, il cesse d'être pauvre tout court. Il devient pauvre de fait, mais potentiellement riche de la valeur estimée de son terrain à un temps « t ».

 

Imaginons que toutes les terres africaines soient immatriculées et placées en bourse, les très probable réfugiés économiques et climatiques des sociétés occidentales n'auront de choix que de s'adresser aux bourses des valeurs foncières africaines pour acquérir les terres. Ceci évitera à l'Afrique toutes les prédictions apocalyptiques décrites précédemment. 

 

Le foncier apparaît donc en même temps comme un bouclier vis-à-vis des visés des prédateurs, mais aussi comme le fer de lance du développement de l'Afrique.

 

En effet, la vente des terres apportera des capitaux aux africains qui pourront soit rivaliser avec ces réfugiés, soit faire avec eux des ententes dans le cadre des contrats gagnant-gagnant qui pourront faire naître des joints ventures.  

 

Immatriculer toutes les terres de l'Afrique et les placer en bourse devrait donc être l'objectif numéro UN du Cameroun pris singulièrement.

 

D'autres actions doivent être menées simultanément :

 

Le secteur de l'éducation par lequel notre propos a été introduit devrait retenir l'attention en priorité. La démarche proposée se décline en plusieurs étapes qui ne sont pas nécessairement successives :

 

  1. Les métiers porteurs d'un grand potentiel de participation au développement doivent être clairement identifiés ;
  2. Les diplômés généralistes actuellement au chômage et les travailleurs diplômé sous utilisés doivent être systématiquement recyclés dans ces métiers. L'Etat doit faire de ce recyclage une priorité nationale et y allouer les budgets conséquents. Le recyclage doit se faire tant au Cameroun qu'à l'étranger. Par exemple si le Cameroun a l'ambition de fabriquer les véhicules électriques, les métiers qui rentrent dans la fabrication de ce type de véhicule sont identifiés et des camerounais sont envoyés pour aller s'approprier le savoir faire nécessaire où qu'il se trouve dans le monde ;
  3. Le contenu des enseignements dispensés dans les écoles maternelles, primaires, collèges, lycées et universités doit être radicalement revus pour répondre aux besoins en ressources humaines de la nouvelle économie ;
  4. Le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication doit être systématique. Toute la démarche doit s'accrocher aux techniques et technologies les plus récences. Le prix pour les obtenir doit être payé.
  5. L'investissement massif sur la recherche scientifique, technique et sociale doit accompagner tout ce processus.

 

En plus du secteur de l'éducation, tous les autres secteurs doivent connaître une refondation.

 

En ce qui concerne l'économie rurale, nous, à la Ferme Agro Piscicole d'Essé (FAPE), expérimentons un embryon de modèle de refondation de l'économie rurale basé sur un processus en trois étapes :

 

  1. La démarche DIA  « Démontrer - Intéresser - Actionner »
  2. La réplication du modèle « médecin de campagne chinois »
  3. La formation d'une « génération du changement ».

 

La démarche DIA

 

La DIA est la première étape de mise en œuvre de ce embryon de modèle de développement rural conçu dans un contexte où les pratiques (sociales, culturelles, culturales...) sont restées les mêmes (ou presque) depuis l'époque coloniale.

 

La lettre D du cigle renvoie à « Démontrer ». Il s'agit de démontrer par des projets concrets que dans cet environnement où rien ne bouge depuis plus d'un siècle, les choses peuvent être faites autrement, notamment dans le domaine de la production animale et végétale.

 

Les expériences démonstratives qui connaîtront une réussite palpable susciteront l' «Intérêt » de ceux qui habitent le milieu. D'où le I du cigle. La réussite doit être suffisamment motivante. Par exemple, l'approvisionnement régulier du marché local en produits que les populations « importaient » de la ville.

 

L'activité qui fait l'objet de réussite attire l'attention des personnes du milieu, parce qu'elle procure des avantages (gains pécuniaires, reconnaissance sociale...). Parmi ces personnes figurent celles qui sont prédisposées au changement et qui sont prêtes à passer à l'Action.  D'où le A du cigle. Cette action doit être déclenchée à travers la formation des acteurs potentiels et la fourniture des intrants. Les acteurs formés sont ensuite encouragés à créer de petites fermes de production dans les villages où l'agriculture et l'élevage et parfois la pisciculture sont intégrés. Ils passent donc du statut de paysans anonymes à fermiers.

 

Le modèle « médecins de campagne chinois »

 

La démarche DIA est valable pour les acteurs adultes et certains acteurs jeunes du milieu. Son effet est immédiat et à court terme. Elle doit être complétée par une démarche similaire à celle des médecins de campagne chinois et qui vise les diplômés originaires du milieu, quel que soit le contenu des études qu'ils ont reçues. Il s'agit de les former aux métiers appliqués au développement rural et de les aider à s'installer dans les villages sous forme de fermiers.

 

La formation de la génération du changement

 

La démarche « Médecin de campagne chinois » a des effets à moyen terme (25 ans). Elle doit donc être complétée par une démarche de transformation sociale qui vise à former toute une génération de changement composée des enfants pris à l'âge maternelle. Les contenus de formation qui leur sont dispensés doivent avoir une emprise directe sur leur milieu immédiat, avec une grande ouverture vers les évolutions sociale, technique et technologique du monde. Le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication doit être systématique et massif. L'effet de la « génération de changement » sur le milieu est attendu à l'horizon de 50 ans.

 

En somme, le modèle est bâti sur une période de 50 ans et prépare le centenaire de l'accession du Cameroun à l'indépendance.

 

A ce jour, nous sommes à la phase de mise en œuvre de la DIA. Les projets que nous menons actuellement sous forme Démonstrative commencent à susciter l'Intérêt des populations. Dès l'année 2010 qui marque la première année du deuxième cinquantenaire de l'accession du Cameroun à l'indépendance, nous prévoyons une série de sessions de formation dont l'objectif est de déclencher l'Action auprès des producteurs locaux. Nous voulons principalement les doter des capacités leur permettant de trouver des alternatives à l'agriculture itinérante sur brûlis sous forme de modes de production qui garantissent notamment que la gestion des ressources est  effectuée avec un souci de respect de l'environnement. L'objectif ultime est de leur permettre de se stabiliser dans de petites fermes de production ou ils intègrent l'agriculture, l'élevage et la pisciculture quand les conditions le permettent.

 

Le programme de formation est exhaustif et couvre toutes les filières. Le programme s'étale sur une période d'un an et s'achève par une « semaine du fermier » au bout de laquelle les attestations de formations seront remises aux participants. Au cours de cette semaine, les fermiers exposeront les produits de leurs travaux.

 

Le programme de formation est dispensé simultanément à deux catégories d'acteurs :

 

  1. Les paysans déjà actifs qui reçoivent une formation en alternance 3X3 (3 heures, 3 jours par semaine).
  2. Les jeunes potentiellement actifs ou adultes désireux de changer de métier qui reçoivent une formation en continue 5X5 (5 heures, 5 jours par semaine).

 

Programmation 2010

 

Période : Février à mars 2009

Module 1 : La pisciculture

Raison stratégique du module : La pisciculture a un potentiel de création des richesses qui peut assurer des revenus au fermier sur toute l'année sans effort particulier, après la phase de création des étangs qui requiert la main d'œuvre 

 

Module 2 : La culture du maïs

Raison stratégique du module : Le maïs rentre à 50% dans la confection de l'aliment pour l'élevage. En prélude à la campagne agricole de mars-avril 2010, les acteurs sont formés à sa culture et encouragés à créer les champs simultanément.

 

Période : Avril à mai 2010

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage de la volaille (poules, canards, cailles, dindons, oies, pigeons, pintades...)

Raison stratégique du module : Alors que les acteurs ont entrepris des champs de culture du maïs, ce module les initie à l'élevage de toutes sortes de volailles. Le moment venu, chaque acteur fera le choix de ou des espèce (s) de volaille qui l'intéresse (ent)

 

Période : Juin à juillet 2010

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : La fabrication du matériel d'élevage

Module 3 : La fabrication des aliments d'élevage

 

Raison stratégique de ces modules : Les mois de juin et juillet sont essentiellement consacrés aux ateliers de fabrication du matériel et des aliments pour l'élevage. L'objectif est de doter les acteurs des capacités leur permettant de confectionner eux-mêmes les outils et intrants et de limiter les coûts d'investissement et de fonctionnement

 

Module 4 : La culture du maïs (suite)

 

Raison stratégique de ces modules : A la veille de la deuxième période culturale et suite à l'atelier de formation à la fabrication des aliments pour l'élevage, ce module est ramené au programme pour rafraîchir la mémoire des acteurs et faire l'évaluation de la première campagne de production du maïs ; corriger les erreurs pour garantir la réussite de la deuxième campagne qui sera cruciale parce qu'elle sera faite alors que les acteurs auront déjà acquis toutes les notions d'élevage. 

 

Période : Août à septembre 2010

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage du porc

Raison stratégique de ces modules : Les acteurs ayant déjà certaines connaissances sur l'élevage, nous introduisons l'élevage du porc dans une optique de diversification des activités.

Module 3 : La culture des arbres fruitiers

Raison stratégique de ces modules : C'est toujours dans l'optique de diversification des activités de production que les acteurs sont initiés à la création des pépinières d'arbres fruitiers et au greffage. La formation ayant lieu pendant la période culturale, ce module se traduira concrètement par la création des pépinières par les acteurs

 

Module 3 : L'apiculture

Raison stratégique de ces modules : Comme la pisciculture, l'apiculture est susceptible de procurer des revenus aux acteurs sans efforts particuliers, en dehors de l'installation des ruches. Cette activité est aussi associée aux arbres fruitiers

 

Période : Octobre à novembre 2010

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : La culture de l'ananas

Raison stratégique de ces modules : L'ananas est de plus en plus cultivé dans les régions d'Essé et d'Awaé. L'intérêt pour cette culture n'est plus à démontrer et le module est introduit pour permettre aux acteurs de maîtriser les itinéraires techniques de cette culture

Module 3 : Les cultures maraîchères

Raison stratégique de ces modules : Ce module est introduit en prélude à la campagne de maraîchage qui va du mois de novembre au mois de février correspondant à la saison sèche. Au cours de cette période, l'offre en légume baisse sur le marché et les produits sont mieux rémunérés.

 

Module 4 : Les techniques de fertilisation du sol

Raison stratégique de ces modules : Ces techniques accompagnent les cultures maraîchères. Elles comportent entre autre la fabrication du compost, la vermiculure...  Le module est introduit dans le cadre d'une démarche de création d'un label « Tout en bio » qui consiste à produire des légumes en ne faisant recours qu'aux engrais biologiques

 

Période : Décembre 2010 à janvier 2011

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage des chèvres et moutons

Raison stratégique de ces modules : L'élevage des moutons et chèvres est négligée dans la région d'Essé, alors que ces animaux sont consommés au cours de toutes les cérémonies festives et rituelles et que le marché de Yaoundé en est demandeur. Aujourd'hui ce marché est approvisionné à partir des animaux qui viennent du grand nord du Cameroun (Adamaoua, Garoua, Maroua).

Module 3 : La culture du palmier à huile

Raison stratégique de ces modules : Tous comme la culture de l'ananas, les acteurs connaissent l'intérêt de cette culture. Ce module est introduit pour leur permettre de maîtriser ses itinéraires techniques

Module 4 : L'élevage des bœufs

Raison stratégique de ces modules : Cet élevage n'est pas pratiqué dans la région alors qu'il peut être associé à la culture du palmier à huile. La race à vulgariser est la race « Dama » qui résiste à la mouche tsé-tsé.

 

Nous croyons mordicus que la mise en œuvre de ce modèle à grande échelle est susceptible dans un premier temps, de renverser la tendance actuelle au dépérissement  des zones rurales et, dans un second tems de constituer un véritable levier pour le développement de ces zones. L'extension de ce schéma à tous les autres secteurs socioéconomiques nationaux est susceptible dans un premier temps, de rétablir l'auto initiative de penser le développement et dans un second temps de garantir sa mise en œuvre de façon responsable.

 

Tels nous semblent le types d'actions à entreprendre pour ne pas faire du deuxième cinquantenaire de l'indépendance du Cameroun une autre occasion manquée.

 

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