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Grâce à Facebook

Celine Liucci de l'associati   on E.T.I.C. (Enseignement des Technologies de l'Information et de la Communication) nous a rendu visite cette semaine.

Le 23 novembre 2009, nous avons pris contact avec elle sur Facebook qui se préparait à aller au Cameroun. Céline a bien voulu accepter de venir nous voir à Essé et elle a tenu parole.

Au cours de sa visite, nous lui avons réitéré que nous sommes intéressés par ses activités qui visent à réduire la fracture numérique entre les pays du nord et du sud et notamment son projet de dévelo pement de tableau blanc interactif dans les écoles du Cameroun. Nous souhaitons que les écoles de notre zone rurale participent à ce projet.

Après une visite à la ferme, Céline est allé à la rencontre des autorités administratives de l'Arrondissement d'Essé notamment le Sous Préfet, le Délégué de l'Education de base, le Directeur de l'école primaire et le Proviseur du Lycée. A chaque occasion, Céline a expliqué son projet à ses interlocuteurs.


Céline a aussi visité notre salle de formation. Nous lui avons fait part de notre désir d'équiper cette salle de formation de ce tableau blanc interactif pour la formation des paysans dans le cadre de notre programme de formation des fermiers dont le lancement est prévu en 2010

La visite s'est achevée autour d'un repas à l'africaine.

 

Le château d’eau de l’écloserie a été installé

 

 

Cette semaine, nous avons procédé à la construction de l'échafaudage et à l'installation du réservoir d'eau qui va alimenter l'écloserie. Nous avons fait un test concluait d'approvisionnement du château à l'aide de la motopompe.  

 

Ne plus rater les 50 prochaines années

Bientôt le cinquantenaire de l'indépendance du Cameroun. Le bilan est mitigé. Les racines du mal proviennent du système éducatif maternel, primaire, secondaire et universitaire mis en place par les colons et perpétué au cours des 50 dernières années. Ce système n'a cessé de mettre sur le marché des produits inadaptés au contexte.

 

Lors de l'ascension du Cameroun à l'indépendance, son économie était à vocation rurale. Il était manifestement évident que les besoins en ressources humaines devaient s'exprimer en termes d'expertises techniques nécessaires à la transformation du milieu brut et partant à la création des revenus et des richesses.

 

Ignorant intentionnellement ou non cette réalité, le système scolaire s'est mis à produire des diplômés essentiellement généralistes. Aujourd'hui, ces derniers continuent à gonfler les rangs des chômeurs, qu'ils soient réels ou déguisés (vendeurs à la sauvette, conducteurs de taxi et de taxi moto, débrouillards du secteur informel...).

 

La carte scolaire du Cameroun compte plus de collèges et lycées d'enseignement général, au détriment des collèges et lycées techniques. Dans le milieu rural où le besoin de techniciens est plus accentué, cette tendance est la même. Quand bien même une SAR/SM, un collège ou lycée  technique y est crée, l'infrastructure appropriée en termes de machines et outils didactiques ou laboratoires expérimentaux ne suit pas. Ces structures n'ont donc de technique que de nom.

 

Le marasme économique et social dans lequel le Cameroun est plongé à ce jour est le fruit des choix que nous avons faits ou qui nous ont été imposés ces 50 dernières années. En effet, nous sommes en train de payer le prix de nos compromissions vis-à-vis du colon qui nous a donné une indépendance politique déguisée et a toujours gardé la main mise sur l'économie. Les monopoles séculiers dans les divers secteurs stratégiques de l'économie nationale en disent long à ce propos.

 

Si nous abordons les 50 prochaines années dans les mêmes conditions, les mêmes causes produiront les mêmes effets et ceux qui fêteront le centenaire de l'indépendance du Cameroun auront plus d'amertume qu'aujourd'hui, car, ce qui va se passer au cours des 50 prochaines années n'est pas loin de l'apocalypse.

 

En effet, tandis que nous végéterons, les autres vont continuer à avancer. Les pays émergents (africains (quelques), asiatiques et sud américains) vont continuer dans la lancée actuelle et vont se confirmer comme acteurs majeurs de l'économie mondiale. Ils vont discuter le leadership avec les pays actuellement dit développés. Ils vont leur ravir des parts de marché du fait que leurs coûts de production sont largement inférieurs à ceux des pays de l'occident.  Ce qui plongera les sociétés occidentales dans des crises économiques et sociales inextricables. Cette situation va être aggravée par les changements climatiques qui se manifesteront par des catastrophes naturelles à répétition (inondations, cyclones...) 

 

Les occidentaux, habitués à trouver les solutions à leurs problèmes, ce qui n'est pas notre cas, vont, entre autres solutions, chercher où trouver refuge. L'Afrique sera l'une des destinations ciblées par ces réfugiés économiques et climatiques. Ils vont y débarquer avec de gros moyens techniques, technologiques et industriels pour dompter le milieu. Ils se feront octroyer des terres et d'autres facilités à vil prix par une élite locale qui demeurera corrompue et prébendier, au détriment des populations autochtones.

 

A l'instar de l'Afrique du Sud, toutes les terres seront immatriculées et entre les mains des gros propriétaires. L'image du fil barbelé interminable que nous avons vu bordant toutes les routes de ce pays, de Johannesburg à Cap Town, de Cap Town à Durban, de Durban à Pretoria où de Pretoria à la frontière avec le Botswana va se généraliser en Afrique.

 

Les populations autochtones vont être confinées dans les réserves. A la limite, elles vont se contenter des terres marginales pauvres ou dégradées ou alors, en tant qu'ouvriers des grandes fermes de production où d'industries qui vont naître, elles vont être autorisées à cultiver de petits jardins dans les concessions des grands propriétaires comme c'est le cas au pays zoulou en Afrique du Sud. Le caractère cyclique de l'histoire se confirmera à travers cette sorte de recolonisation de l'Afrique.

 

Pour développer l'agriculture, l'industrie et les services, ces réfugiés économiques et écologiques s'adresseront aux instituts de recherches occidentales qui ont des ramifications partout en Afrique. Celles-ci sortiront des coffres les résultats des recherches scientifiques, techniques et sociologiques que leurs chercheurs ont accumulés depuis l'époque coloniale et qu'ils préservent en lieux sûrs, en attendant le moment « m ».

 

Ils feront ce qui semble impossible aujourd'hui aux africains. Ils lanceront les ponts sur les vallées les plus profondes, créeront des routes sur les reliefs les plus hostiles. Ils pénètreront les forêts les plus denses, creuseront les tunnels dans les rocs les plus féroces. Ils produiront sur des terres qui semblent arides ou dégradées, avec des rendements à couper le souffle.

 

Ils créeront des villes dans les coins les plus reculés, où ils verseront les technologies les plus polluantes qui seront de plus en plus récusées en occident au travers d'une réglementation qui sera de plus en plus rigoureuse et pro écologie.

 

Ils développeront les voies de communication pour rapatrier les produits de l'agriculture et de l'industrie vers l'occident. A la différence de l'Afrique du Sud où les colons, ayant coupé politiquement avec la mère patrie, n'avaient de choix que de développer le milieu où ils allaient désormais vivre de générations en générations, c'est-à-dire l'Afrique, ces réfugiés économico écolo vont garder en tête le souci d'œuvrer pour améliorer la situation en occident afin de pouvoir y retourner au moment opportun. Résultats des courses, l'Afrique aura droit au service minimum en terme d'investissements. Les ponts et routes évoqués ci-dessus ne seront construits que si les études de coûts d'opportunité démontrent que l'investissement rapporte à court, moyen ou long terme tel que si l'on avait placé les mêmes revenus ailleurs, on aurait pas obtenu le même rendement.

 

Les Africains auront l'impression d'un développement infrastructurel alors que les dégâts sur tous les pans de la société seront considérables. Car pendant ce temps, l'attrait des offres qu'ils feront aux élites et dirigeants locaux, l'appât du gain et les convoitises de toute sorte créeront d'interminables divisions au sein de la société.

 

En effet, la société rentrera dans un cycle de conflits inextricables qui fragilisera et brisera à terme son tissus socioéconomique. La fameuse solidarité africaine ne sera plus qu'un lointain souvenir. Car pour un lopin de terre qui aura pris de la valeur (beaucoup de valeur aux yeux des africains) parce que convoité par ces réfugiés économiques et climatiques, parents et enfants se tirailleront à mourir, autorités étatiques et autorités autochtones croiseront le fer. La guerre du foncier fera rage. Et ce ne sera pas la seule. Il y aura des conflits dans tous les secteurs qui nécessitent l'accès aux ressources telles que l'eau, l'électricité, les richesses du sol et du sous sol.

 

Les guerres idéologiques seront aussi mortelles. Les Africains diront ce que ces réfugiés aux gros bras voudront leur faire dire. Et comme eux aussi viendront avec des intérêts divergents, ces divergences vont se ressentir sur les discours qui seront tenus en Afrique. Par  souci de se remplir le ventre, les africains plaiderons pour les chapelles qui ne sont pas les leurs. Cela leur enlèvera toute conviction. Ils mourront intellectuellement.

 

Que faut-il faire pour éviter l'apocalypse.

 

D'abord, il faut cesser de désigner l'Afrique par « continent pauvre ». A la place, il faut utiliser le terme « continent potentiellement riche », car le seul gisement foncier que regorge l'Afrique à ce jour en fait virtuellement un acteur majeur de l'économie mondiale. Pour exploiter ce potentiel dès maintenant, une bourse des valeurs foncières doit voir le jour. Une bourse à l'échelle africaine serait la chose idéale. A l'évidence, il serait prétentieux de penser un seul instant que les Africains peuvent réussir l'exploit de s'entendre pour une moindre chose à l'échelle du continent. Le NEPAD mort né en est une illustration. Il est donc loisible de dire que des bourses de valeur foncière (en nom immobilières) doivent voir le jour partout en Afrique. S'il on parvient déjà à en créer par sous région ce serait déjà ça.

 

Dans l'optique de la cotation en bourse des terres, le droit à la propriété foncière des autochtones doit être universellement reconnu. Le flou entretenu par les législations nationales où le droit de propriété foncière est dénié aux autochtones mais plutôt donnés aux Etats impersonnels, corrompus, irresponsables, véreux (vous pouvez compléter) doit cesser.

 

Lorsque le droit coutumier à la terre sera consacré, le paysan d'un coin perdu de n'importe quelle brousse du territoire camerounais par exemple devrait cesser d'être appelé « pauvre » mais « citoyen à revenus potentiels ».

 

En effet, le potentiel de revenu des terres africaines doit être estimé  et lesdites terres doivent être placées à la bourse des valeurs foncières. La valeur estimée des terres sera déterminée en fonction  de plusieurs critères. La liste suivante n'est pas exhaustive :

 

  1. positionnement actuel ou virtuel par rapport à l'emplacement des centres d'intérêt fonciers (agglomérations urbaines, zones industrielles...)
  2. destination potentielle (terres agricoles, pâturages, exploitation des minerais....)
  3. Accessibilité (accès à une route bitumée, accès à une route de terre, proximité d'un fleuve navigable, proximité d'une voie ferrée...)
  4. présence des ressources potentiellement marchandes (essences de bois, eau, autres éléments de la biodiversité, minerais...)
  5. potentiel touristique (sites attractifs, éléments artistiques et culturels...)
  6. potentiel de production de l'énergie (chutes d'eau...)
  7. présence de la main d'oeuvre
  8. disponibilité des ressources humaines qualifiées
  9. environnement ambiant (climat de paix, sécurité...)
  10. potentiel litigieux
  11. ...

 

Une fois que la valeur d'une terre est expertisée et déterminée, son propriétaire autochtone reçoit un titre d'immatriculation. La terre est ensuite placée en bourse et le même propriétaire reçoit un titre de propriété de valeur foncière. Dès ce instant, il cesse d'être pauvre tout court. Il devient pauvre de fait, mais potentiellement riche de la valeur estimée de son terrain à un temps « t ».

 

Imaginons que toutes les terres africaines soient immatriculées et placées en bourse, les très probable réfugiés économiques et climatiques des sociétés occidentales n'auront de choix que de s'adresser aux bourses des valeurs foncières africaines pour acquérir les terres. Ceci évitera à l'Afrique toutes les prédictions apocalyptiques décrites précédemment. 

 

Le foncier apparaît donc en même temps comme un bouclier vis-à-vis des visés des prédateurs, mais aussi comme le fer de lance du développement de l'Afrique.

 

En effet, la vente des terres apportera des capitaux aux africains qui pourront soit rivaliser avec ces réfugiés, soit faire avec eux des ententes dans le cadre des contrats gagnant-gagnant qui pourront faire naître des joints ventures.  

 

Immatriculer toutes les terres de l'Afrique et les placer en bourse devrait donc être l'objectif numéro UN du Cameroun pris singulièrement.

 

D'autres actions doivent être menées simultanément :

 

Le secteur de l'éducation par lequel notre propos a été introduit devrait retenir l'attention en priorité. La démarche proposée se décline en plusieurs étapes qui ne sont pas nécessairement successives :

 

  1. Les métiers porteurs d'un grand potentiel de participation au développement doivent être clairement identifiés ;
  2. Les diplômés généralistes actuellement au chômage et les travailleurs diplômé sous utilisés doivent être systématiquement recyclés dans ces métiers. L'Etat doit faire de ce recyclage une priorité nationale et y allouer les budgets conséquents. Le recyclage doit se faire tant au Cameroun qu'à l'étranger. Par exemple si le Cameroun a l'ambition de fabriquer les véhicules électriques, les métiers qui rentrent dans la fabrication de ce type de véhicule sont identifiés et des camerounais sont envoyés pour aller s'approprier le savoir faire nécessaire où qu'il se trouve dans le monde ;
  3. Le contenu des enseignements dispensés dans les écoles maternelles, primaires, collèges, lycées et universités doit être radicalement revus pour répondre aux besoins en ressources humaines de la nouvelle économie ;
  4. Le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication doit être systématique. Toute la démarche doit s'accrocher aux techniques et technologies les plus récences. Le prix pour les obtenir doit être payé.
  5. L'investissement massif sur la recherche scientifique, technique et sociale doit accompagner tout ce processus.

 

En plus du secteur de l'éducation, tous les autres secteurs doivent connaître une refondation.

 

En ce qui concerne l'économie rurale, nous, à la Ferme Agro Piscicole d'Essé (FAPE), expérimentons un embryon de modèle de refondation de l'économie rurale basé sur un processus en trois étapes :

 

  1. La démarche DIA  « Démontrer - Intéresser - Actionner »
  2. La réplication du modèle « médecin de campagne chinois »
  3. La formation d'une « génération du changement ».

 

La démarche DIA

 

La DIA est la première étape de mise en œuvre de ce embryon de modèle de développement rural conçu dans un contexte où les pratiques (sociales, culturelles, culturales...) sont restées les mêmes (ou presque) depuis l'époque coloniale.

 

La lettre D du cigle renvoie à « Démontrer ». Il s'agit de démontrer par des projets concrets que dans cet environnement où rien ne bouge depuis plus d'un siècle, les choses peuvent être faites autrement, notamment dans le domaine de la production animale et végétale.

 

Les expériences démonstratives qui connaîtront une réussite palpable susciteront l' «Intérêt » de ceux qui habitent le milieu. D'où le I du cigle. La réussite doit être suffisamment motivante. Par exemple, l'approvisionnement régulier du marché local en produits que les populations « importaient » de la ville.

 

L'activité qui fait l'objet de réussite attire l'attention des personnes du milieu, parce qu'elle procure des avantages (gains pécuniaires, reconnaissance sociale...). Parmi ces personnes figurent celles qui sont prédisposées au changement et qui sont prêtes à passer à l'Action.  D'où le A du cigle. Cette action doit être déclenchée à travers la formation des acteurs potentiels et la fourniture des intrants. Les acteurs formés sont ensuite encouragés à créer de petites fermes de production dans les villages où l'agriculture et l'élevage et parfois la pisciculture sont intégrés. Ils passent donc du statut de paysans anonymes à fermiers.

 

Le modèle « médecins de campagne chinois »

 

La démarche DIA est valable pour les acteurs adultes et certains acteurs jeunes du milieu. Son effet est immédiat et à court terme. Elle doit être complétée par une démarche similaire à celle des médecins de campagne chinois et qui vise les diplômés originaires du milieu, quel que soit le contenu des études qu'ils ont reçues. Il s'agit de les former aux métiers appliqués au développement rural et de les aider à s'installer dans les villages sous forme de fermiers.

 

La formation de la génération du changement

 

La démarche « Médecin de campagne chinois » a des effets à moyen terme (25 ans). Elle doit donc être complétée par une démarche de transformation sociale qui vise à former toute une génération de changement composée des enfants pris à l'âge maternelle. Les contenus de formation qui leur sont dispensés doivent avoir une emprise directe sur leur milieu immédiat, avec une grande ouverture vers les évolutions sociale, technique et technologique du monde. Le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication doit être systématique et massif. L'effet de la « génération de changement » sur le milieu est attendu à l'horizon de 50 ans.

 

En somme, le modèle est bâti sur une période de 50 ans et prépare le centenaire de l'accession du Cameroun à l'indépendance.

 

A ce jour, nous sommes à la phase de mise en œuvre de la DIA. Les projets que nous menons actuellement sous forme Démonstrative commencent à susciter l'Intérêt des populations. Dès l'année 2010 qui marque la première année du deuxième cinquantenaire de l'accession du Cameroun à l'indépendance, nous prévoyons une série de sessions de formation dont l'objectif est de déclencher l'Action auprès des producteurs locaux. Nous voulons principalement les doter des capacités leur permettant de trouver des alternatives à l'agriculture itinérante sur brûlis sous forme de modes de production qui garantissent notamment que la gestion des ressources est  effectuée avec un souci de respect de l'environnement. L'objectif ultime est de leur permettre de se stabiliser dans de petites fermes de production ou ils intègrent l'agriculture, l'élevage et la pisciculture quand les conditions le permettent.

 

Le programme de formation est exhaustif et couvre toutes les filières. Le programme s'étale sur une période d'un an et s'achève par une « semaine du fermier » au bout de laquelle les attestations de formations seront remises aux participants. Au cours de cette semaine, les fermiers exposeront les produits de leurs travaux.

 

Le programme de formation est dispensé simultanément à deux catégories d'acteurs :

 

  1. Les paysans déjà actifs qui reçoivent une formation en alternance 3X3 (3 heures, 3 jours par semaine).
  2. Les jeunes potentiellement actifs ou adultes désireux de changer de métier qui reçoivent une formation en continue 5X5 (5 heures, 5 jours par semaine).

 

Programmation 2010

 

Période : Février à mars 2009

Module 1 : La pisciculture

Raison stratégique du module : La pisciculture a un potentiel de création des richesses qui peut assurer des revenus au fermier sur toute l'année sans effort particulier, après la phase de création des étangs qui requiert la main d'œuvre 

 

Module 2 : La culture du maïs

Raison stratégique du module : Le maïs rentre à 50% dans la confection de l'aliment pour l'élevage. En prélude à la campagne agricole de mars-avril 2010, les acteurs sont formés à sa culture et encouragés à créer les champs simultanément.

 

Période : Avril à mai 2010

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage de la volaille (poules, canards, cailles, dindons, oies, pigeons, pintades...)

Raison stratégique du module : Alors que les acteurs ont entrepris des champs de culture du maïs, ce module les initie à l'élevage de toutes sortes de volailles. Le moment venu, chaque acteur fera le choix de ou des espèce (s) de volaille qui l'intéresse (ent)

 

Période : Juin à juillet 2010

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : La fabrication du matériel d'élevage

Module 3 : La fabrication des aliments d'élevage

 

Raison stratégique de ces modules : Les mois de juin et juillet sont essentiellement consacrés aux ateliers de fabrication du matériel et des aliments pour l'élevage. L'objectif est de doter les acteurs des capacités leur permettant de confectionner eux-mêmes les outils et intrants et de limiter les coûts d'investissement et de fonctionnement

 

Module 4 : La culture du maïs (suite)

 

Raison stratégique de ces modules : A la veille de la deuxième période culturale et suite à l'atelier de formation à la fabrication des aliments pour l'élevage, ce module est ramené au programme pour rafraîchir la mémoire des acteurs et faire l'évaluation de la première campagne de production du maïs ; corriger les erreurs pour garantir la réussite de la deuxième campagne qui sera cruciale parce qu'elle sera faite alors que les acteurs auront déjà acquis toutes les notions d'élevage. 

 

Période : Août à septembre 2010

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage du porc

Raison stratégique de ces modules : Les acteurs ayant déjà certaines connaissances sur l'élevage, nous introduisons l'élevage du porc dans une optique de diversification des activités.

Module 3 : La culture des arbres fruitiers

Raison stratégique de ces modules : C'est toujours dans l'optique de diversification des activités de production que les acteurs sont initiés à la création des pépinières d'arbres fruitiers et au greffage. La formation ayant lieu pendant la période culturale, ce module se traduira concrètement par la création des pépinières par les acteurs

 

Module 3 : L'apiculture

Raison stratégique de ces modules : Comme la pisciculture, l'apiculture est susceptible de procurer des revenus aux acteurs sans efforts particuliers, en dehors de l'installation des ruches. Cette activité est aussi associée aux arbres fruitiers

 

Période : Octobre à novembre 2010

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : La culture de l'ananas

Raison stratégique de ces modules : L'ananas est de plus en plus cultivé dans les régions d'Essé et d'Awaé. L'intérêt pour cette culture n'est plus à démontrer et le module est introduit pour permettre aux acteurs de maîtriser les itinéraires techniques de cette culture

Module 3 : Les cultures maraîchères

Raison stratégique de ces modules : Ce module est introduit en prélude à la campagne de maraîchage qui va du mois de novembre au mois de février correspondant à la saison sèche. Au cours de cette période, l'offre en légume baisse sur le marché et les produits sont mieux rémunérés.

 

Module 4 : Les techniques de fertilisation du sol

Raison stratégique de ces modules : Ces techniques accompagnent les cultures maraîchères. Elles comportent entre autre la fabrication du compost, la vermiculure...  Le module est introduit dans le cadre d'une démarche de création d'un label « Tout en bio » qui consiste à produire des légumes en ne faisant recours qu'aux engrais biologiques

 

Période : Décembre 2010 à janvier 2011

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage des chèvres et moutons

Raison stratégique de ces modules : L'élevage des moutons et chèvres est négligée dans la région d'Essé, alors que ces animaux sont consommés au cours de toutes les cérémonies festives et rituelles et que le marché de Yaoundé en est demandeur. Aujourd'hui ce marché est approvisionné à partir des animaux qui viennent du grand nord du Cameroun (Adamaoua, Garoua, Maroua).

Module 3 : La culture du palmier à huile

Raison stratégique de ces modules : Tous comme la culture de l'ananas, les acteurs connaissent l'intérêt de cette culture. Ce module est introduit pour leur permettre de maîtriser ses itinéraires techniques

Module 4 : L'élevage des bœufs

Raison stratégique de ces modules : Cet élevage n'est pas pratiqué dans la région alors qu'il peut être associé à la culture du palmier à huile. La race à vulgariser est la race « Dama » qui résiste à la mouche tsé-tsé.

 

Nous croyons mordicus que la mise en œuvre de ce modèle à grande échelle est susceptible dans un premier temps, de renverser la tendance actuelle au dépérissement  des zones rurales et, dans un second tems de constituer un véritable levier pour le développement de ces zones. L'extension de ce schéma à tous les autres secteurs socioéconomiques nationaux est susceptible dans un premier temps, de rétablir l'auto initiative de penser le développement et dans un second temps de garantir sa mise en œuvre de façon responsable.

 

Tels nous semblent le types d'actions à entreprendre pour ne pas faire du deuxième cinquantenaire de l'indépendance du Cameroun une autre occasion manquée.

 

Notre rêve se réalise

Traversé par des difficultés qui s'accentuent avec une pauvreté qui colle à la peau, une élite politique qui n'a pas le souci du bien commun et n'excelle que par un égoïsme patenté, une population sans repère sombrant dans la misère et le désespoir, un monde rural resté archaïque, en marge des évolutions techniques et technologiques, très en retard par rapport aux zones urbaines, le Cameroun sombre dans une léthargie profonde sans stratégies efficaces pour améliorer son sort.

      Les projets ambitieux sont rares et se font de plus en plus dans les secteurs des services, où la rentabilité est forte. Les capitalistes véreux s'y délectent. Le soutien intéressé des anciennes puissances coloniales et des bailleurs de fonds internationaux à travers des accords multilatéraux et bilatéraux léonins ne sert que leurs propres intérêts.  Dernièrement, le Cameroun s'est fait inscrire dans le registre de «  pays pauvres très endettés »entretenu par le FMI et la BM. Pendant de longues années, il a travaillé à remplir les conditionnalités d'enregistrement. De justesse, il s'en est sorti victorieux. Mais ce qui ne laisse personne indifférent, c'est le constat selon lequel, les ressources mises à sa disposition sont inexploitées. Les populations ignorent que ces ressources sont disponibles, et pourtant ceux qui les gèrent sont supposés le faire dans la transparence, donc véhiculer l'information.

Aucun projet de développement ne peut être mis en œuvre sans ressources financières. Le potentiel que regorge le monde rural devrait justifier l'affectation des ressources disponibles aux projets qui exploitent ce potentiel. Hélas, le silence y est plat. Rien ne bouge d'une année à une autre. Aucun investissement, ni minime, ni d'envergure n'y est fait. Les routes sont à peine entretenues, l'électrification rurale est un rêve pour beaucoup, l'eau potable n'y est pas connue, les transports routiers sont dangereux (des femmes parfois enceintes accrochées sur des tas de vivres derrière des voitures pick up), l'éducation données aux enfants y est de seconde zone, les populations meurent dans les cases au village faute d'agent pour aller vers les centre de santé le plus souvent éloignés et surtout pour faire face aux frais de consultation médicale et de pharmacie. Les pratiques culturales sont demeurés archaïques. L'éternelle machette et l'incontournable houe rythment les périodes de semis et de récoltes. La mécanisation n'est même pas envisagée. Les résultats des recherches agronomiques n'y sont pas vulgarisés. Résultat des courses, les rendements demeurent insignifiants et perpétuent la pauvreté. Sous le coup du mal de vivre, les populations se livrent à l'alcool. Les jeunes qui sont destinés à assurer la relève des vieux se livrent à toutes sortes de débauches. Le VIH sida circule. 

Les paysans se souviennent vaguement des appuis des pouvoirs publics au développement des cultures de rente (cacao et café) à travers la création des pistes de déserte et la fourniture des produits phytosanitaires. Après l'imposition des politiques d'ajustement structurel par les mêmes FMI et Banque Mondiale, l'Etat s'est désengagé de ces secteurs, livrant les paysans aux griffes des prédateurs capitalistes.

 

Les écoles et centres de santés construites à cette époque fonctionnent aujourd'hui au ralenti, sans personnel suffisant. Les quelques ressources votées dans les budgets annuels de l'Etat sont détournées par un personnel administratif véreux, aidé en cela par des commerçants assoiffés d'argent sale. La corruption qui gangrène la société y fait des victimes directes et collatérales.

Le monde rural paye le prix fort des disfonctionnement du système. Il ne bénéficie ni des maigres ressources allouées par le budget national à cause de la corruption, ni des ressources issues de l'annulation des dettes dans le cadre de l'initiative PPTE, à cause de l'incompétence des ceux qui les gèrent.

 

Un honnête citoyen ne manque pas de constater cette situation déplorable et note dans un journal de la place : « Nous avons pleuré en disant que nous n'avons rien, et lorsqu'on nous donne, nous ne faisons rien pour mettre ces ressources en valeur. Ce qui est sûr, c'est que le camerounais est peut- être un demeuré, un homme qui n'aime pas le développement, qui attend que les autres viennent construire son propre développement».

       S'il faut établir les responsabilités, nous sommes tous responsables, mais la plus grande part de responsabilité revient à ceux qui gèrent les ressources publiques. Ils sont amorphes et manquent d'ambitions et partant de stratégies. Ils ont pourtant la chance de visiter les expériences de développement réussies ailleurs dans le monde, et ce, aux frais du prince. Quand ils y reviennent, ils retombent dans la léthargie ambiante. Le plus souvent, le résultat de leurs découvertes se traduit pas des projets personnels qu'ils mettent en œuvre dans leurs villages pour affirmer davantage leur puissance sur leurs frères villageois.   

 

Le résultat de toutes ces insuffisances est palpable dans tous les secteurs socioéconomiques nationaux. Nous prendrons ici le secteur de la pisciculture qui nous intéresse.

 

La pisciculture au Cameroun est très peu développée parce qu'elle fait face aux problèmes d'approvisionnement en alevins. La situation est caractérisée par le manque des centres de reproduction des alevins. Il n'en existe qu'un seul digne de ce nom à notre connaissance (nous nous trompons peut-être), celui de l'IRAD (Institut de Recherche Agronomique pour le Développement) de FOUMBAN, qui se bat tant bien que mal pour assurer la disponibilité en alevins sur le plan national. Ainsi, quand on exerce comme pisciculteurs dans les régions du Centre Sud et Est du Cameroun par exemple, il faut faire plus de 600 km pour aller s'approvisionner en alevins. Et quand on connaît la délicatesse de ces petits êtres insignifiants qui doivent être trimballés sur autant de kilomètres, on comprend  pourquoi ce secteur ne se développe pas. Dans cette logique, les propos de ce pisciculteur camerounais ne manquent pas de pertinence : « Tout le monde sait que pour obtenir des alevins de poissons, il faut faire un déplacement sur Foumban. Cette situation décourage parfois les pisciculteurs qui ont certes des étangs, mais ne peuvent pas les empoissonner de manière régulière et permanente ».

La question lancinante est la suivante : pourquoi les ressources PPTE par exemple ne sont pas affectées pour construire de telles infrastructures susceptibles de bouster le développement rural ? Je pense par exemple aux fermes de reproduction pour produire les poussins, aux provenderies pour produire de l'aliment pour bétail, aux ateliers mécaniques pour fabriquer les outils nécessaires à la mécanisation des tâches de l'économie rurale, aux centres de formation des paysans (jeunes et vieux) aux métiers de l'économie rurale, aux petits projets d'électrification rurale, à la vulgarisation de l'utilisation des panneaux photovoltaïques pour produire l'électricité à partir de l'énergie solaire, aux unités de forage pour construire de petites adductions d'eau potable, aux petites unités de conservation et de transformation des produits agricoles, à la promotion des activités sportives et de loisir pour stabiliser les jeunes dans les villages...

La Ferme Agro Piscicole d'Esse qui exerce dans ce contexte de ruralité est très sensible à la situation de désarroi que vit le monde rural. Elle a donc adjoint  à ses activités de production un volet d'appui au développement rural local et régional. C'est à ce titre que, pour prendre juste le cas du secteur de la pisciculture, elle  a décidé depuis avril 2009, de construire une écloserie d'alevins qui sera un atout important pour le développement de la pisciculture, dans un pays ou 80% des ressources halieutiques viennent des importations. C'est donc une initiative de développement porteuse d'espoir pour le Cameroun.

 

 L'idée de construire une écloserie ne naît pas ex-nihilo. Elle vient d'un constat pertinent et d'une attitude qu'il faut récuser : se croiser les bras et attendre que tout soit fait par les autres. Le projet de construction de l'écloserie de Foumban est une initiative belge, bien qu'aujourd'hui sous la responsabilité de l'IRAD. Ce sont les belges qui ont construit cette écloserie grâce au projet IRZV (Institut de Recherche Zootechnique et Vétérinaire) et par un accord de  partenariat, ils l'ont concédée à l'IRAD qui assure aujourd'hui le suivi et la supervision. On peut comprendre que sans le projet belge, le Cameroun ne disposerait pas d'un tel centre.

Très loin de Foumban, à environ 600km, dans une petite ville rurale située à 70km de la capitale politique du Cameroun Yaoundé, précisément à ESSE, la Ferme Agro Piscicole d'Esse dont l'équipe est essentiellement jeune a donc décidé de braver l'impossible en construisant une écloserie d'alevins semblable à celle de Foumban.

 

Une visite des infrastructures du centre de Foumban à la recherche des alevins a suffit pour nous convaincre que construire une écloserie n'est pas sorcier. A l'occasion de notre visite, un des employés qui y exerçait, technicien piscicole de son état, tout aussi jeune que nous, a même accepté le principe de quitter le centre de Foumban pour s'installer définitivement à ESSE.  Après la visite de notre exploitation piscicole que nous lui avons fait faire en avril 2009, il a décidé tout de suite de nous rejoindre. Sur le champ, le site de l'écloserie a été identifié, le plan du bâtiment a été esquissé et les travaux ont démarré.  

Aujourd'hui, le rêve est devenu réalité. Plus qu'une question de jours, un autre centre de reproduction des alevins sera bientôt fonctionnel au Cameroun ; une copie conforme du centre de Foumban. Un proverbe bantou de chez nous ne dit-il pas « Aken mis asikik ayeh », traduction en langue du blanc « L'apprentissage par l'image n'est pas difficile ».

Notre centre de production d'alevins sera une aubaine pour les pisciculteurs camerounais, notamment ceux des régions du Centre, Sud et Est qui n'auront plus à parcourir plusieurs kilomètres pour s'approvisionner en alevins.

Tout est fin prêt, la Ferme est entrain de procéder aux dernières installations (tuyauteries et autres). Les premières expérimentations vont commencer bientôt. Comment ne pas être heureux au regard de toutes les difficultés que nous avons traversées.

 

En raison de l'importance stratégique de l'ouvrage, cette écloserie symbolise en quelque sorte l'avenir de la pisciculture dans les régions Centre, Sud et Est du Cameroun. Cet ouvrage est le symbole d'une jeunesse qui doit être consciente de son avenir et prendre son destin en main.

Cette écloserie contribuera certainement demain, mais aussi de générations en génération, à la construction de notre cher et beau pays, le Cameroun. Elle est notre pierre à l'édifice.

 

 

La DIA veut s'inscrire dans le registre de l'histoire des révolutions

L'évolution de la technologie de nos jours, est significative et n'émeut personne. C'est avec beaucoup d'aisance et de facilité que nous exploitons le vaste champ technologique qui se présente à nous sans une interrogation sérieuse sur « le comment » nous en sommes arrivés là. Et pourtant, s'il y a une observation qu'on peut émettre, c'est de comprendre que tout progrès est la résultante de sacrifices divers, de renoncements et de découragements.

 

Aujourd'hui des caméras spéciales accompagnent des vols spatiaux, les microscopes permettent de voir l'invisible et les lunettes sont pour beaucoup une aide indispensable. Ces formidables évolutions nous viennent de KARL ZEISS ; opticien allemand qui mis sur pieds les premiers ateliers d'optique. De nos jours, les ateliers d'optique sont devenus le symbole de l'extension du champ de vision humain.

 

Or, si Karl Zeiss, comme beaucoup d'autres, ne s'était pas sacrifié, s'il n'avait pas renoncé au plaisir, le monde n'aurait pas connu ces formidables progrès. Ils sont nombreux, comme Karl, à s'être sacrifiés pour construire ce monde. Et le plus souvent, ils l'ont fait dans des conditions de travaux précaires, sans véritables outils ni matériels appropriés. Ce sont des gens qui ont travaillé dans des campagnes, des villages et des petites villes, loin des grandes métropoles. Leur vie est belle car elle a consisté avant tout en labeurs fructueux et en travail utile pour doter le monde de ce dont il a le plus le besoin.

 

       Très loin de Karl Zeiss, des décennies après, dans une petite ville située à 70 km de Yaoundé (capitale politique du Cameroun), en pleine campagne, une formidable initiative de développement est entrain de naître avec à son bord des projets ambitieux qui s'inscrivent dans un registre particulier, celui du développement durable et du respect strict de l'environnement.

 

        Sous la houlette de La Ferme Agro Piscicole d'Esse, l'initiative veut participer au développement du Cameroun et de la sous région dans laquelle elle compte se déployer. Elle veut participer à la résolution des problèmes majeurs qui se posent tant aux populations locales qu'aux populations du Cameroun en général. Cette initiative s'inscrit dans une démarche particulière : la démarche DIA (Démontrer, susciter l'Intérêt, passer à l'Action). Cette démarche permet à la Ferme d'être le principal mobile, le point de départ de la chaîne. De ce fait, elle se doit d'être un exemple vivant de développement, seuls les fruits de son labeur pourront susciter l'intérêt auprès des populations locales. Lorsque les populations locales constateront que des projets sérieux se développent de plus en plus dans leur milieu, que ces projets ne demandent pas un investissement considérable, elles prendront conscience et voudront passer à l'action en imitant le bel exemple de la Ferme. Le passage à l'action sera accompagné par des mesures précises qui consisteront à aider les populations locales à se réaliser dans leurs projets. La Ferme les accompagnera donc dans les petits projets qu'elles définiront en leur offrant, pour un départ, les produits en nature issus de son élevage, de son agriculture ou de sa pisciculture. Elle pourra par exemple offrir des semences, des reproducteurs, des alevins de poissons, former les jeunes aux techniques culturales et piscicoles, organiser des séminaires pour aider les populations locales à s'imprégner des réalités du  monde moderne, initier les jeunes vers les nouvelles technologies...

        A long terme, cela permettra à la région de se développer à travers une diversité de petits projets qui naîtront de part et d'autre et on arrivera à une situation de grande explosion qui va couvrir toute la région. Les grandes exploitations, les banques, les usines de transformation, les écoles et tout ce qu'on peut attendre de la vie en milieu rural moderne, verront le jour. Ce qui permettra à la région de se positionner comme acteur stratégique dans le développement du Cameroun.

 

Feuille de route de la démarche DIA « Démontrer – Intéresser – Actionner »

La DIA est la première étape de mise en œuvre d'un modèle de développement rural conçu dans un contexte où les pratiques (sociales, culturelles, culturales...) sont restées les mêmes (ou presque) depuis l'époque coloniale.

 

La lettre D du cigle renvoie à « Démontrer ». Il s'agit de démontrer par des actes concrets que dans cet environnement où rien ne bouge depuis plus d'un siècle, les choses peuvent être faites autrement, notamment dans le domaine de la production animale et végétale.

 

Les expériences démonstratives qui connaîtront une réussite palpable susciteront l' «Intérêt » de ceux qui habitent le milieu. D'où le I du cigle. La réussite doit être suffisamment motivante. Par exemple, l'approvisionnement régulier du marché local en produits que les populations « importaient » de la ville.

 

L'activité qui fait l'objet de réussite attire l'attention des personnes du milieu, parce qu'elle procure des avantages (gains pécuniaires, reconnaissance sociale...). Parmi ces personnes figurent celles qui sont prédisposées au changement et qui sont prêtes à passer à l'Action.  D'où le A du cigle. Cette action doit être déclenchée à travers la formation des acteurs potentiels et la fourniture des intrants. Les acteurs formés sont ensuite encouragés à créer de petites fermes de production dans les villages où l'agriculture et l'élevage et parfois la pisciculture sont intégrés. Ils passent donc du statut de paysans anonymes à fermiers.

 

La démarche DIA est valable pour les acteurs adultes et certains acteurs jeunes du milieu. Son effet est immédiat et à court terme. Elle doit être complétée par une démarche similaire à celle des médecins de campagne chinois et qui vise les diplômés originaires du milieu, quel que soit le contenu des études qu'ils ont reçues. Il s'agit de les former aux métiers appliqués au développement rural et de les aider à s'installer dans les villages.

 

La démarche « Médecin de campagne chinois » a des effets à moyen terme (25 ans). Elle doit donc être complétée par une démarche de transformation sociale qui vise à former toute une génération de changement composée des enfants pris à l'âge maternelle. Les contenus de formation qui leur sont dispensés doivent avoir une emprise directe sur leur milieu immédiat, avec une grande ouverture vers les évolutions sociale, technique et technologique du monde. Le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication doit être systématique et massif. L'effet de la « génération de changement » sur le milieu est attendu à l'horizon de 50 ans.

 

En somme, le modèle est bâti sur une période de 50 ans et prépare le centenaire de l'accession à l'indépendance.

 

Feuille de route pour la mise en œuvre de la DIA en 2010.

 

La phase Démonstrative étant en cours (visiter les albums photos sur notre site Internet  http://fermeagropiscicoleesse.e-monsite.com/ ), l'année 2010 sera consacrée aux actions visant à susciter l'intérêt des acteurs et à les amener à agir.

 

Pour attirer des regards intéressés sur les expériences démonstratives en cours, nous mènerons les actions suivantes :

 

  1. Doter tous les acteurs qui conduisent cette expérience de signes distinctifs (exemple, un habillement particulier) ;
  2. Faire des cérémonies d'inauguration des réalisations
  3. Vendre les produits de l'expérience sur le marché local
  4. Communiquer continuellement sur la démarche à travers la radio locale

 

Si l'adage dit « Pas d'intérêt, pas d'action », le contraire doit aussi être vrai. Ainsi donc, pour permettre à ceux qui veulent mener la même expérience de le faire, un programme d'accompagnent est mis en place comportant deux axes :

 

  1. Former les acteurs potentiels
  2. Leur assurer l'approvisionnement en intrants

 

 

Programme de formation des fermiers en 2010.

 

Le programme s'étale sur toute l'année 2010 et s'achève par une « semaine du fermier » au bout de laquelle les attestations de formations seront remises aux participants. Au cours de cette semaine, les fermiers exposeront les produits de leurs travaux.

 

Le programme de formation est dispensé simultanément à deux catégories d'acteurs :

 

  1. Les paysans déjà actifs qui reçoivent une formation en alternance 3X3 (3 heures, 3 jours par semaine).
  2. Les jeunes potentiellement actifs ou adultes désireux de changer de métier qui reçoivent une formation en continue 5X5 (5 heures, 5 jours par semaine).

 

Programmation 2010

 

 

Période : Février à mars 2009

Module 1 : La pisciculture

Raison stratégique du module : La pisciculture a un potentiel de création des richesses qui peut assurer des revenus au fermier sur toute l'année sans effort particulier, après la phase de création des étangs qui requiert la main d'œuvre 

 

Module 2 : La culture du maïs

Raison stratégique du module : Le maïs rentre à 50% dans la confection de l'aliment pour l'élevage. En prélude à la campagne agricole de mars-avril 2010, les acteurs sont formés à sa culture et encouragés à créer les champs simultanément.

 

Période : Avril à mai 2010

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage de la volaille (poules, canards, cailles, dindons, oies, pigeons, pintades...)

Raison stratégique du module : Alors que les acteurs ont entrepris des champs de culture du maïs, ce module les initie à l'élevage de toutes sortes de volailles. Le moment venu, chaque acteur fera le choix de ou des espèce (s) de volaille qui l'intéresse (ent)

 

Période : Juin à juillet 2010

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : La fabrication du matériel d'élevage

Module 3 : La fabrication des aliments d'élevage

 

Raison stratégique de ces modules : Les mois de juin et juillet sont essentiellement consacrés aux ateliers de fabrication du matériel et des aliments pour l'élevage. L'objectif est de doter les acteurs des capacités leur permettant de confectionner eux-mêmes les outils et intrants et de limiter les coûts d'investissement et de fonctionnement

 

Module 4 : La culture du maïs (suite)

 

Raison stratégique de ces modules : A la veille de la deuxième période culturale et suite à l'atelier de formation à la fabrication des aliments pour l'élevage, ce module est ramené au programme pour rafraîchir la mémoire des acteurs et faire l'évaluation de la première campagne de production du maïs ; corriger les erreurs pour garantir la réussite de la deuxième campagne qui sera cruciale parce qu'elle sera faite alors que les acteurs auront déjà acquis toutes les notions d'élevage.  

 

Période : Août à septembre 2010

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage du porc

Raison stratégique de ces modules : Les acteurs ayant déjà certaines connaissances sur l'élevage, nous introduisons l'élevage du porc dans une optique de diversification des activités.

Module 3 : La culture des arbres fruitiers

Raison stratégique de ces modules : C'est toujours dans l'optique de diversification des activités de production que les acteurs sont initiés à la création des pépinières d'arbres fruitiers et au greffage. La formation ayant lieu pendant la période culturale, ce module se traduira concrètement par la création des pépinières par les acteurs

 

Module 3 : L'apiculture

Raison stratégique de ces modules : Comme la pisciculture, l'apiculture est susceptible de procurer des revenus aux acteurs sans efforts particuliers, en dehors de l'installation des ruches. Cette activité est aussi associée aux arbres fruitiers

 

Période : Octobre à novembre 2010

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : La culture de l'ananas

Raison stratégique de ces modules : L'ananas est de plus en plus cultivé dans les régions d'Essé et d'Awaé. L'intérêt pour cette culture n'est plus à démontrer et le module est introduit pour permettre aux acteurs de maîtriser les itinéraires techniques de cette culture

Module 3 : Les cultures maraîchères

Raison stratégique de ces modules : Ce module est introduit en prélude à la campagne de maraîchage qui va du mois de novembre au mois de février correspondant à la saison sèche. Au cours de cette période, l'offre en légume baisse sur le marché et les produits sont mieux rémunérés.

 

Module 4 : Les techniques de fertilisation du sol

Raison stratégique de ces modules : Ces techniques accompagnent les cultures maraîchères. Elles comportent entre autre la fabrication du compost, la vermiculure...  Le module est introduit dans le cadre d'une démarche de création d'un label « Tout en bio » qui consiste à produire des légumes en ne faisant recours qu'aux engrais biologiques

 

Période : Décembre 2010 à janvier 2011

 

Module 1 : La pisciculture (suite)

Module 2 : L'élevage des chèvres et moutons

Raison stratégique de ces modules : L'élevage des moutons et chèvres est négligée dans la région d'Essé, alors que ces animaux sont consommés au cours de toutes les cérémonies festives et rituelles et que le marché de Yaoundé en est demandeur. Aujourd'hui ce marché est approvisionné à partir des animaux qui viennent du grand nord du Cameroun (Adamaoua, Garoua, Maroua).

Module 3 : La culture du palmier à huile

Raison stratégique de ces modules : Tous comme la culture de l'ananas, les acteurs connaissent l'intérêt de cette culture. Ce module est introduit pour leur permettre de maîtriser ses itinéraires techniques

Module 4 : L'élevage des bœufs

Raison stratégique de ces modules : Cet élevage n'est pas pratiqué dans la région alors qu'il peut être associé à la culture du palmier à huile. La race à vulgariser est la race « Dama » qui résiste à la mouche tsé-tsé.

 

Le dispositif de production des alevins se met en place à la Ferme

 

Ces derniers jours, nous avons achevé l'aménagement de la digue qui mène vers l'écloserie d'alevins et nous avons procédé aux premiers tests de la conduite d'eau à l'intérieur. Les premiers jets d'eau ont jailli dans les bacs d'incubation.

Une autre Afrique

Pendre à contre-pied les images de guerre, pauvreté, misère et autres clichés négatifs que véhiculent les médias et qui collent à la peau de l'Afrique, tel est le défi que nous voulons relever sur Facebook en vous faisant vivre la construction d'un embryon de modèle de développement rural dans une zone forestière du Centre Cameroun en Afrique Centrale. Vous pouvez d'ores et déjà vous imprégner du concept de ce modèle en parcourant ce site Internet http://fermeagropiscicoleesse.e-monsite.com/

Le lien qui vous permet de nous suivre sur Facebook est le suivant : http://www.facebook.com/home.php#/profile.php?ref=profile&id=100000185168211

D'une semaine à une autre, nos albums photos vous montreront des actions structurées, posées selon une démarche résumée par le cigle « DIA ».

Le modèle s'exécute dans un environnement où les pratiques (sociales, culturelles, culturales...) sont restées les mêmes (ou presque) depuis l'époque coloniale. La démarche DIA a été conçue en fonction de ce contexte.

La lettre D du cigle renvoie à « Démontrer ». Il s'agit de démontrer par des actes concrets que dans cet environnement où rien ne bouge depuis plus d'un siècle, les choses peuvent être faites autrement, notamment dans le domaine de la production animale et végétale.

Les expériences démonstratives qui connaîtront une réussite palpable susciteront l' «Intérêt » de ceux qui habitent le milieu. D'où le I du cigle. La réussite doit être suffisamment motivante ; par exemple, l'approvisionnement régulier du marché local en produits que les populations « importaient » de la ville.

L'activité qui fait l'objet de réussite attire l'attention des personnes du milieu, parce qu'elle procure des avantages (gains pécuniaires, reconnaissance sociale...). Parmi ces personnes figurent celles qui sont prédisposées au changement et qui sont prêtes à passer à l'Action. D'où le A du cigle. Cette action doit être déclenchée et soutenue à travers la formation des acteurs potentiels et la fourniture des intrants (intrants agricoles, semences, souches d'élevage...)

La démarche DIA est valable pour les acteurs adultes et certains acteurs jeunes du milieu. Son effet est immédiat et à court terme. Elle doit être complétée par une démarche similaire à celle des médecins de campagne chinois et qui vise les diplômés originaires du milieu, quel que soit le type d'études qu'ils ont réalisées. Il s'agit de les former aux métiers appliqués au développement rural et de les aider à s'installer dans les villages.

L'effet « Médecin de campagne chinois » sera palpable à moyen terme (25 ans).

Le processus sera complété par une démarche de transformation sociale qui vise à former toute une génération de changement composée des enfants pris à l'âge maternelle. Les contenus de formation qui leur sont dispensés doivent avoir une emprise directe sur leur milieu immédiat, avec une grande ouverture vers l'évolution du monde. L'effet de la « génération de changement » sur le milieu est attendu à l'horizon de 50 ans.

En somme, le modèle est bâti sur 50 ans.

La stratégie qui guident toutes les actions prévues consiste à stabiliser les producteurs dans des petites fermes où le système de production intègre l'agriculture, l'élevage et parfois la pisciculture. La conséquence immédiate est que les acteurs abandonnent progressivement l'agriculture itinérante sur brûlis, ce qui réduit la pression sur la forêt (réduction de la déforestation) et préserve sa capacité à capter le carbone. Ce modèle de développement a donc potentiellement une valeur écologique mondiale.

 

La Ferme accueille deux formateurs venus de Suisse

Dorothea avec les personnes formées en apiculture derrière une ruche habitée

Dorothea au cours de l'atelier de fabrication d'une urne

Du 28 septembre au 15 octobre 2009, deux formateurs venant de la Suisse ont séjourné à la Ferme Agro Piscicole d'Esse. Il s'agit de Dorothea et de Stefan. Tandis que Dorothea travaillait sur le thème de l'apiculture, Stefan a imprégné l'équipe de la Ferme sur la technique de construction en bois.
Dorothea est de nationalité autrichienne et exerce la profession d'enseignante en Suisse. Son compagnon Stefan quant à lui est un professionnel des métiers du bois. Parallèlement à son métier d'enseignant, Dorothea exploite les ruches héritées des parents de Stefan. C'est cette expérience d'apicultrice qu'elle a bien voulu partager

 

avec l'équipe de la Ferme.
Stefan est de nationalité suisse. En plus de son travail de bucheron, il maîtrise la technique de construction en bois. C'est cet aspect de son expertise que nous avons mise à profit à la Ferme pour lancer le projet de construction des chalets.
Le stage d'apiculture

L'implantation du chalet

 
Il avait pour principal objectif d'imprégner l'équipe de la Ferme filière apicole. Les travaux ont essentiellement eut deux articulations : un atelier de confection d'une ruche à l'occidentale et une session de formation à l'apiculture destinée à l'équipe de la Ferme élargie à toutes les autres personnes intéressées par cette filière.
L'atelier de confection d'une ruche occidentale.
Dorothea a trouvé les ruches kenyanes en pièce unique que la Ferme utilise peu pratiques. Elle nous a montré ses désavantages, comparativement à la ruche à deux pièces utilisée en occident. Le principal désavantage de la ruche kenyane est qu'au moment de la récolte du miel, on est obligé de chasser la colonies d'abeilles et de se soumettre par après à l'aléa de la capture d'une nouvelle colonie. Tandis que la ruche à deux pièces comportent deux compartiments : l'un servant d'habitacle aux abeilles et l'autre leur servant d' « unité de production » du miel. Ainsi, le prélèvement du miel et des autres produits de la ruche peut s'effectuer sans contraindre la colonie de s'en aller.
C'est fort de cet argumentaire que nous avons jugé utile de parvenir à la maîtrise de la technique de confection de la ruche à deux pièces. Un atelier pratique a donc été organisé à cet effet et a aboutit effectivement à la production d'une ruche témoin. L'équipe de la Ferme a suivi le processus de bout en bout, notamment Zambo le menuisier. Nous pensons être à mesure de reproduire d'autres ruches à l'identique et c'est ce modèle de ruche que nous allons désormais exploiter.
La formation en apicultureLe chalet en cours de construction
Cette formation s'est déroulée le jeudi 14 octobre 2009 et a réunit près d'une vingtaine de personnes parmi lesquelles toute l'équipe de la Ferme. Après une introduction générale, Dorothea qui animait cette formation nous à parlé des abeilles, de l'apiculteur, des différents produits de la ruche et de leurs vertus.
Les participants ont notamment appris le rôle de chacun des trois types d'abeilles que sont la reine, les ouvrières et les gourdons. Ils ont aussi appris à les distinguer.
Au cours de la séquence réservée à l'apiculteur, les participants ont surtout appris sur les différents types de ruches et les divers autres matériels utilisés par l'apiculteur. Ils ont pu découvrir la tenue de l'apiculteur notamment une combinaison que Dorothea avait apportée dans ses valises, ainsi qu'un enfumoir.
Dorothea a enfin présenté les produits de la ruche et les vertus de chacun. On a ainsi tour à tour parlé du miel, de la cire, de la propolis et de la gelée royale. Il ressort qu'en général, les produits de la ruche ont des vertus alimentaires et thérapeutiques. Dorothéa conseille vivement d'utiliser le miel dans tous les usages alimentaires qui font recours au sucre.
La formation à la technique de construction en bois
Cette formation s'est déroulée du 6 au 14 octobre 2009 et a été suivie par toute l'équipe de la Ferme. Elle a constitué en une démonstration pratique du processus d'édification d'un bâtiment en bois, de la phase d'implantation à la phase de la charpente.
Stefan, dans une approche très didactique, a tenu à transmettre tout son savoir-faire à l'équipe. Rapidement, une complicité s'est établie entre lui et les membres de l'équipe, créant de ce fait un environnement qui a permis en cinq jours d'édifier l'ossature d'un premier chalet de 7m de long et 5m de large et de procéder à l'implantation d'un deuxième. L'équipe de la Ferme a été orientées sur la façon de procéder aux finitions. Dommage que le séjour Stefan ait été si court. Nous espérons que notre équipe sera à mesure de finaliser cette œuvre en suivant les conseils du maître.
Dorothea et Stefan ont regagné la Suisse le jeudi 15 octobre 2009 en nous promettant de revenir à Esse et aussi, de conseiller la « destination Esse » à leurs amis et connaissances.

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Début des travaux techniques de l’écloserie d’alevins

Le mercredi 9 septembre 2009 (9/9/9), une date qui n'arrive qu'une fois par siècle, nous avons lancé les travaux techniques de l'écloserie d'alevins. Ces travaux consistent à :
1. installer le circuit d'amenée d'eau de la réserve aménagée sur le cours d'eau vers l'intérieur du bâtiment ;
2. couler des bacs de stockage à l'intérieur du bâtiment ;
3. faire les autres aménagements intérieurs nécessaires au processus de production des alevins ;
4. couler le sol.


Ces travaux sont effectués en régie par l'équipe de la Ferme qui bénéficie désormais de l'expertise à temps plein d'Ahmed, le technicien piscicole.


En effet, Ahmed s'est installé définitivement à Esse pour s'occuper de l'exploitation piscicole de la Ferme. Entretemps, il venait momentanément en provenance de Foumban, pour apporter un appui ponctuel aux travaux piscicoles.


Nous souhaitons la bienvenue à Ahmed. La Ferme place un grand espoir sur lui dans son processus de professionnalisation de l'activité piscicole. Avec cette présence en permanence d'un professionnel à la Ferme, nous allons pouvoir entamer la mise en œuvre de notre plan d'actions dans le domaine piscicole qui comporte les axes suivants :


1. l'opérationnalisation de l'écloserie d'alevins ;
2. le réaménagement des étangs piscicoles ;
3. la formation des pisciculteurs.

L'opérationnalisation de l'écloserie d'alevins

L'écloserie est incontestablement l'élément central de notre stratégie. Elle va nous aider non seulement à empoissonner nos étangs, mais aussi à approvisionner d'autres pisciculteurs. Le développement de son volet commercial vis-à-vis des pisciculteurs nantis devrait à terme contribuer efficacement à l'autofinancement de la Ferme. Le développement de son volet social vis-à-vis des pisciculteurs paysans devrait quant à lui contribuer à la vulgarisation de la pisciculture dans notre région.


Le réaménagement des étangs de la Ferme


La Ferme aura trois catégories d'étangs :
1. les étangs associés à l'écloserie d'alevins
2. les étangs associés à l'élevage (volaille + porc)
3. les étangs touristiques


Nous reviendrons sur chacune de ces catégories au fur et à mesure que notre programme sera mis en œuvre.


La formation des pisciculteurs


Indéniablement, la Ferme est l'exploitation piscicole la plus importante de notre région. De ce fait, nous avons la responsabilité sociale de former tous ceux qui s'intéressent à l'activité piscicole, dans l'optique de créer une masse critiques d'acteurs. Ce n'est qu'à cette condition que nous ferons de la pisciculture une filière professionnelle, qui attire de nouveaux acteurs non pas en dilettante, mais en personnes convaincues que l'activité a un fort potentiel de création des richesses qui ne demande qu'à être développé. Au regards du nombre infini des cours d'eau intarissables qui arrosent la région, il y a tout simplement lieu de dire que notre belle aventure ne fait que commencer.


En préparation de cette activité de formation, nous sommes actuellement en train de réhabiliter notre salle de formation qui sera bientôt dotée des outils modernes de formation (ordinateur, vidéoprojecteur ...) ainsi que des chambres pour l'hébergement des apprenants.

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